L’énergie y était immense, les acteurs et actrices engagé·es, les initiatives puissantes. Et pourtant, un constat s’est imposé avec force : l’écart béant entre les ambitions affichées et les moyens mobilisés.
Car pendant que l’on proclame l’importance de l’innovation sociale, de la gouvernance démocratique ou de la transition juste, les politiques publiques se rétractent. Les budgets fondent, les structures administratives s’amenuisent, les partenariats internationaux restent timides. À Bordeaux, beaucoup l’ont dit — parfois à voix basse, parfois avec colère : l’économie sociale n’a pas besoin d’être célébrée, elle a besoin d’être soutenue. Maintenant.
Et la question n’est plus simplement : l’Europe veut-elle faire de l’économie sociale un pilier ?
La question est devenue : pourquoi s’obstine-t-elle à traiter l’économie sociale comme un sujet secondaire, alors que s’en priver relève aujourd’hui de l’autodestruction ?
Parce que ne pas compter sur l’économie sociale, c’est se couper volontairement d’une force vive.
Ne pas l’entendre, c’est affaiblir nos sociétés.
Ne pas la mobiliser, c’est se priver d’un modèle robuste, résilient et profondément ancré dans les besoins des populations.
Comme l’a rappelé une participante sur place : des événements comme le GSEF montrent que nous sommes là — et qu’il faudra désormais faire avec nous.
Chez POUR LA SOLIDARITÉ–PLS, nous refusons les demi-mesures. Nous avons vu au GSEF des villes qui bâtissent des filières industrielles de réemploi, des coopératives qui redessinent les circuits alimentaires, des jeunes qui prennent la parole et réclament leur place dans les transitions. L’économie sociale n’attend plus. Elle agit pour défendre son espace.
À l’Europe maintenant d’arrêter de la freiner — et de choisir clairement de la soutenir.
Solidairement vôtre,
Manon Bouisset et Françoise kemajou