La politique étrangère féministe de l’Union européenne

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Quelles sont les conditions et les limites d’une politique étrangère féministe véritablement transformatrice ? Une analyse du Gender Action Plan III.

En 2014, la Suède devenait le premier pays à se doter d’une politique étrangère féministe. Depuis, d’autres pays européens comme la France, l’Espagne et l’Allemagne ont suivi le mouvement. Et si les priorités stratégiques diffèrent de pays en pays, elles partagent un socle commun : la défense des droits humains, la promotion de l’égalité des genres, la redistribution des ressources et une représentation inclusive dans les instances de décision.

Le Gender Action Plan III de l’Union européenne

Le Gender Action Plan III (GAP III) est la matérialisation de la politique étrangère féministe de l’Union européenne. Il couvre la période 2021-2025 et montre la volonté de l’UE de devenir un leader mondial dans la promotion de l’égalité de genre.

Le plan repose sur cinq piliers. Il fait d’abord de l’égalité de genre une priorité transversale, avec un objectif ambitieux : que 85 % des nouvelles actions extérieures de l’Union y contribuent. Il cherche ensuite à construire une vision commune avec les États membres et les partenaires internationaux. Il cible six domaines d’intervention : la lutte contre les violences fondées sur le genre, les droits sexuels et reproductifs, les droits économiques et sociaux, la participation politique des femmes, l’agenda Femmes, paix et sécurité, et les transitions écologique et numérique. L’Union s’engage aussi à montrer l’exemple, avec un leadership paritaire et sensible au genre à ses plus hauts niveaux. Enfin, le plan mise sur la transparence et le suivi des résultats.

Les limites du Gender Action Plan III

L’analyse du plan montre que si sur papier le genre a trouvé sa place, dans les faits, son intégration est souvent limitée, notamment dans les contextes marqués par la militarisation, les logiques économiques ou les tensions internes. Une vigilance est donc nécessaire pour éviter qu’il ne soit une simple vitrine.

Surtout, il passe à côté de deux dimensions essentielles à une politique étrangère féministe réellement transformatrice : l’intersectionnalité et la décolonialité. Le plan reconnait bien l’existence de discriminations multiples, mais sans en analyser les causes structurelles. Il ne s’interroge pas sur le rôle de l’UE dans la production des inégalités, ni sur les héritages coloniaux qui pèsent encore sur les relations internationales.

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