L’année touche à sa fin et un mot s’affiche en gras dans les décisions politiques belges comme européennes : l’austérité. Présentée à nouveau comme une réponse inévitable aux déficits publics, elle semble redevenir l’unique solution possible. Mais faut-il une nouvelle fois accepter ce réflexe qui fragilise les services publics, condamne les services sociaux et pèse toujours lourdement sur les citoyens les plus vulnérables ?
Les expériences passées nous ont pourtant démontré qu’une politique d’austérité unilatérale qui de facto pèse sur les personnes les plus fragiles ne fonctionne pas : ni pour relancer l’économie, ni pour stabiliser les finances publiques, et certainement pas pour renforcer la cohésion sociale.
En Belgique comme ailleurs, il est temps de rappeler une évidence : l’austérité n’est pas une fatalité, mais un choix politique. Or, le seul véritable courage politique consisterait aujourd’hui à cibler réellement les épaules les plus larges, à assumer l’importance de la solidarité, à réguler les secteurs qui doivent l’être, à réformer les politiques fiscales, à mobiliser l’investissement public comme levier de résilience, et à refuser le raccourci idéologique consistant à faire des dépenses sociales un problème plutôt qu’une solution.
Car comme le rappellent Christine Mahy et tant d’autres, les coupes budgétaires que nous subissons aujourd’hui n’apportent que la haine – celle des autres, ceux que les gouvernements pointent du doigt comme « coupable », « profiteur », « tricheur » – et engendrent la montée de l’extrême-droite.
POUR LA SOLIDARITÉ continuera à lutter, aux côtés de ses partenaires, pour défendre un modèle fondé sur la justice sociale, l’inclusion et la démocratie.
Solidairement vôtre,
Françoise Kemajou
* citation attribuée à Albert Einstein