Climat - La route sinueuse vers Copenhague

Mardi, 30 Juin 2009

Deux semaines de négociations et rien de nouveau. La séquence de Bonn, qui devait constituer la base d'un traité ambitieux à Copenhague (successeur du protocole de Kyoto dont les engagements expirent en 2012) en décembre prochain, s'est achevée par un accord tiède, loin de répondre à l'urgence climatique.

 

Timidité des objectifs américains, manque de clarté en Europe, objectifs du Japon extrêmement bas ... On est en tout cas loin des recommandations des climatologues, qui rappellent que les scénarios les plus pessimistes du GIEC sont en train de se confirmer.

Alors que les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires appellent à ce que leur « droit à la survie » soit pris en compte, la réaction des pays industrialisés se fait attendre. Or si ceux-ci ne donnent pas un signal fort pour une action internationale, il est probable que des pays en pleine croissance comme le Brésil, la Chine ou l'Inde ne réduiront pas leurs propres émissions. Le succès dans l'atténuation du réchauffement de la planète serait bel et bien compromis. Et l'on sait que le dérèglement du climat coûtera bien plus cher que n'importe quelle crise, économiquement et humainement. 

Face à la lenteur décisionnelle, les travaux se succèdent pour démontrer les multiples co-bénéfices qui pourraient être tirés d'une ambitieuse politique d'atténuation. Une étude de WWF Europe publiée mi-juin montre que les secteurs économes en carbone emploient d'ores et déjà plus de personnes en Europe que les industries polluantes traditionnelles : 3,4 millions d'emplois dans les énergies renouvelables, le transport vert et les produits et services efficaces énergétiquement, contre 2,8 millions d'emplois dans les mines, l'électricité, le gaz, le ciment, la ferraille, l'acier.  Les politiques climatiques strictes ne sont pas une menace pour l'emploi et le bien-être des populations, bien au contraire, elles peuvent en être le moteur. Le passage à une économie pauvre en carbone implique cependant de profonds changements pour de nombreux secteurs, aussi l'indispensable transition  ne pourra se passer de politiques de reclassement et de protection sociale, afin de protéger les personnes qui perdront leur emploi actuel dans ce processus.

De telles mesures d'ampleur sont indispensables pour limiter le changement climatique et pour faire de l'Europe un leader des négociations internationales sur le climat, à six mois du Sommet de Copenhague.

 

 

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