ENACT dévoile les clés de la transition numérique dans l’agroalimentaire social

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Le projet ENACT a publié en janvier 2026 son rapport d’évaluation des besoins en matière de transformation numérique des acteurs de l’économie sociale dans la chaîne de valeur agroalimentaire. Cette étude, menée auprès de 75 organisations en Espagne, Autriche, Portugal et Lituanie, révèle que si les acteurs sont connectés, ils manquent crucialement de capacités opérationnelles pour transformer cette connexion en résilience économique et sociale.

Le rapport d’évaluation des besoins (Needs Assessment Report), produit par Pour la Solidarité en collaboration avec les partenaires du projet ENACT, offre un diagnostic à 360 degrés de la maturité numérique de l’économie sociale agroalimentaire européenne. Réalisé entre juillet et octobre 2025, il combine une enquête auprès de 75 organisations, des ateliers régionaux participatifs dans quatre pays et des entretiens approfondis pour comprendre les besoins en matière de transition numérique dans l’agroalimentaire social.

Un constat central : le fossé des capacités

L’étude révèle un paradoxe frappant : si 91% des organisations bénéficient d’une bonne connectivité internet et 83% disposent d’équipements adéquats, les compétences qui convertissent cette présence numérique en valeur économique et sociale restent sous-développées. Les acteurs maîtrisent les outils collaboratifs, mais affichent des lacunes marquées en commerce électronique, gestion des données et cybersécurité.​

Ce « fossé des capacités » (enablement gap) signifie que les organisations sont numériquement présentes mais pas numériquement productives. Elles communiquent efficacement en ligne, mais peinent à tracer leurs produits, à sécuriser leurs données, à vendre via des plateformes numériques ou à mesurer leur impact social.​

Des besoins clairs exprimés par le terrain

À travers l’enquête et les ateliers régionaux, trois demandes émergent de manière unanime :​

  • Financement flexible : non pas de grands investissements, mais des micro-subventions ou bons d’achat liés à des jalons concrets.​
  • Formation pratique et continue : des sessions courtes, pratiques, dans la langue locale, axées sur les réalités du secteur agroalimentaire plutôt que sur des compétences numériques génériques.​
  • Accompagnement technique neutre : des conseils indépendants des fournisseurs pour sélectionner, configurer et intégrer les outils de manière sécurisée et durable.​

Vers un écosystème d’accompagnement européen

Ces interventions doivent s’appuyer sur des infrastructures sociales habilitantes : centres de conseil neutres, plateformes de mentorat pair-à-pair, services partagés, standards de données communs et financement lié à l’apprentissage.​ Quatre messages-clés sont a retirer de cette analyse:

  • La numérisation comme outil de survie face aux défis climatiques, aux pénuries de main-d’œuvre et au besoin de renouvellement générationnel​
  • L’intégration avec la durabilité : chaînes courtes, économie circulaire, résilience territoriale​
  • La formation continue basée sur des cas concrets, adaptée au vocabulaire du secteur agricole​
  • Les solutions localisées : échanges entre pairs, influenceurs agricoles locaux, centres de formation communautaires​

Les ateliers transnationaux ont produit des interventions concrètes :​

  • Maker Spaces pour apprendre en faisant
  • Plateformes de mentorat numérique connectant agriculteurs expérimentés et émergents
  • Guichets uniques neutres pour conseiller sur les outils et la sécurité des données
  • Financement conditionné à la formation : pas d’investissement sans apprentissage
  • Mentorat de proximité via les réseaux LEADER pour petits agriculteurs

Prochaines étapes

Le rapport souligne que la transition numérique exige des mécanismes de collaboration continue et des plateformes de co-création, plutôt que des financements ponctuels. Les acteurs de terrains sont revenu en demandant notamment d’intégrer la formation numérique dans les programmes de financement public, de définir juridiquement les « petits agriculteurs » et d’investir dans la connectivité rurale.

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