NEETWork : croiser recherche et terrain pour repenser l’insertion des jeunes

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Pendant trois jours, le projet européen NEETWork a réuni chercheur·euse·s, professionnel·les de terrain et partenaires associatifs à Aix-en-Provence et Marseille pour interroger les pratiques d’accompagnement des jeunes en situation de NEET.

Comment mieux accompagner les jeunes éloigné·es de l’emploi ? Et surtout, comment faire dialoguer les apports de la recherche académique avec les réalités vécues par les professionnel·les de terrain pour favoriser l’insertion des jeunes ?

C’est autour de ces questions que se sont tenues trois journées d’étude du projet NEETWork, à Aix-en-Provence et Marseille, projet européen co-financé par Erasmus+ et coordonné par Evolio PAE. Ces journées ont été organisées en partenariat avec le LEST – Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail et l’IRTS – Institut Régional du Travail Social PACA Corse.

Elles ont permis de croiser analyses scientifiques, retours d’expérience et visites de terrain afin de nourrir une réflexion collective sur l’accompagnement des jeunes en situation de NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation.

Insertion des jeunes : entre objectifs mesurables et accompagnement sur mesure

La première journée, organisée au LEST, a apporté un éclairage scientifique sur les transformations des politiques d’insertion des jeunes. Les échanges ont notamment porté sur la structuration du secteur en quasi-marché, la logique des appels à projets et les tensions entre objectifs de résultats et accompagnement social de qualité.

La deuxième journée, accueillie à l’IRTS PACA Corse, a réuni une trentaine de professionnel·les autour de la recherche-action menée sur le dispositif Les Bons Bails. À partir des résultats présentés par les équipes de recherche, les échanges ont permis de mettre en lumière les défis très concrets de l’accompagnement des jeunes les plus éloigné·e·s de l’emploi.

Au cœur des discussions : les pratiques d’« aller-vers », la mobilisation des jeunes en rupture avec les institutions, mais aussi la création d’un lien de confiance durable. Comme l’a rappelé le sociologue et travailleur social à la retraite, François Chobeaux, « au fond, aller vers, ce n’est pas aller chercher l’autre pour le mettre sur mon terrain (…) c’est questionner sa posture, considérer l’autre … c’est une éthique de respect de l’autre, de proposition à la vitesse de l’autre », soulignant ainsi l’importance d’une posture professionnelle fondée sur l’écoute, le respect et l’adaptation aux réalités des jeunes.

Les débats ont également interrogé les logiques actuelles des politiques d’insertion, souvent centrées sur des objectifs quantitatifs. Plusieurs intervenant·es ont pointé les limites de ces approches : « les dispositifs d’insertion aident les insérables à s’insérer », une formule qui illustre les difficultés à toucher les publics les plus éloignés.

Enfin, les ateliers ont permis d’ouvrir des pistes concrètes : repenser les critères d’évaluation, mieux prendre en compte les parcours et les compétences acquises, et renforcer les coopérations entre acteurs. Un consensus fort s’est dégagé : l’accès à l’emploi ne peut être une finalité immédiate, mais s’inscrit dans un cheminement plus large de reconstruction personnelle, de confiance en soi et de (re)mise en mouvement.

Enfin, la troisième journée a été consacrée à des visites immersives au sein des filiales Homeblok et La Ressourcerie Le Dirigeable. Ces temps de rencontre ont permis aux partenaires français et belges d’échanger concrètement autour de pratiques d’inclusion par le travail, notamment dans les domaines de l’éco-construction et du réemploi.

À travers ces trois journées, le projet NEETWork rappelle une conviction forte : l’inclusion des jeunes ne peut se construire en silo. Elle repose sur des alliances solides entre chercheur·euse·s, travailleur·euse·s sociaux·ales, structures d’insertion, entreprises et jeunes eux-mêmes.

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